Pâque(s) : avec ou sans “s”

31 mars 2018

Cet article est paru dans un numéro précédent de LaïCités (N°7, avril 2017)

Pictogramme Anbileru Adaleru

Pictogramme Anbileru Adaleru

Avec ou sans « s », Pâque(s) n’a pas la même signification. Pâques est une fête chrétienne qui commémore la résurrection de Jésus-Christ. La Pâque au singulier, autrement appelée Pessah, est une fête juive qui rappelle l’Exode des Hébreux hors d’Égypte. Cette année, les deux célébrations sont très proches dans le calendrier. Les chrétiens célèbrent Pâques le 1er avril. La fête dure environ huit jours pour les juifs : elle commence le 30 mars et s’achève le 7 avril.

En hébreu, le mot Pessah signifie « le saut ». Il fait référence à l’épisode biblique des dix plaies d’Égypte au cours duquel Dieu épargne les premiers-nés de son peuple élu en « sautant pardessus » leurs maisons, préalablement marquées. À l’origine, il existait deux fêtes juives au printemps : Hag Ha-Pessah, durant laquelle on sacrifiait un agneau et on badigeonnait de son sang le pourtour des portes des maisons, et Hag Ha-Matsoth, cérémonie agricole du début des moissons, où l’on consommait du pain sans levain. Elles ont été associées très tôt. Durant Pessah, les croyants ont interdiction d’utiliser du levain en souvenir de leurs ancêtres qui ont quitté l’Égypte à la hâte, sans avoir eu le temps de laisser lever le pain. La matsa, le pain sans levain, marque donc symboliquement le passage de la servitude à la liberté.

La veille de Pessah, les hamets, c’est-à-dire tous les produits issus de la fermentation du blé, du seigle, de l’orge, de l’avoine et de l’épeautre, doivent être sortis de la maison. La veille, les fidèles suivent une cérémonie de recherche des hamets pour vérifier qu’il n’en reste plus à l’intérieur. Ceux qui seraient retrouvés peuvent être vendus à une personne non juive. Un repas rituel appelé seder marque le début de Pessah.

La Pâques chrétienne emprunte son nom à la Pâque juive, mais elle célèbre plus particulièrement la résurrection de Jésus-Christ trois jours après sa mort. Par ailleurs, Pâques vient clore le Carême, une période d’abstinence et de réflexion de 40 jours, durant laquelle il était de coutume de ne pas manger d’œufs ni de nourriture « grasse ». Les œufs s’accumulaient et on les mangeait après Pâques. En Europe de l’Est, il existe d’ailleurs un jeu qui consiste à peindre des œufs durs et à les entrechoquer : celui dont la coquille se fend en premier a perdu. La fête de Pâques a sans doute remplacé diverses fêtes païennes célébrant le printemps.

Vous avez aimé cet article ? Il est tiré de la rubrique “Le mot, le rite” du numéro 7 de LaïCités (lire le sommaireacheter le numéro à l’unité). Pour recevoir plus régulièrement des articles de ce type, et découvrir les coulisses de LaïCités, inscrivez-vous à notre nouvelle Newsletter !